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Ozawa Ichiro reconnu non coupable ! Crise politique en vue

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Pensez-vous qu'Ozawa Ichiro parviendra à devenir premier ministre ?
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So-chan
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Inscrit le: 18 Déc 2010
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MessagePosté le: 26 Avr 2012 13:13    Sujet du message: Ozawa Ichiro reconnu non coupable ! Crise politique en vue

 Note du Post : 3   Nombre d'avis : 1
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Le Tribunal de district de Tokyo vient de juger Ozawa Ichiro non coupable dans une affaire de financement illégal.
Ozawa Ichiro, l'un des politiciens les plus influents du Japon est surnommé le "shogun de l'ombre" depuis les années 90 losque qu'une importante coalition menée par les socialistes a dirigé le pays. Il était alors vu comme celui qui tirait les ficelles. Aujourd'hui encore, avec l'arrivée au pouvoir du Minshuto, le parti démocrate, il est très influent et a même failli devenir premier ministre en 2009.
Mais un scandal de financement illégal a éclaté et l'a porté devant la justice.

Les procureurs l'accusaient d'avoir falsifié, avec ses collaborateurs, des rapports financiers d'un montant avoisinant les 5 millions de dollars.
L'organisation qui gère ses fonds politiques aurait utilisé cet argent pour l'achat d'un terrain. Faute de preuves tangibles, les procureurs avaient décidé de refermer son dossier.
Mais un jury de citoyens sélectionnés au hasard avait ensuite exigé la tenue d'un procès.
Ozawa qui dénonce depuis le début des manoeuvres politiques, n'a de cesse de clamer son innocence.

Il dirige la faction la plus puissante du Minshuto et a bien l'intention de faire tomber le gouvernement actuel pour devenir premier ministre, un reve qu'il caresse depuis des années. Il n'a jamais caché son opposition à la politique de Noda Yoshihiko, actuel premier ministre qui veut progressivement doubler la TVA d'ici 2015.
En Septembre se tiendront des élections internes au parti pour élire le président du parti (ce sont des élections qui ont lieu tous les deux ans) et Ozawa a l'intention de ravir ce poste à Noda Yoshihiko.

De plus l'opposition refuse de collaborer avec le gouvernement actuel qui ne respecte pas son programme, qui a menti à la population, et appelle à organiser des élections anticipées pour changer de majorité. Le tout sur fond d'ascension de Hashimoto Toru, maire d'Osaka.

Noda va t'il survivre à la "saison des démissions" ? (tous les gouvernements précédents ont démissionné entre Juin et Septembre)


On en doute. Mais la population japonaise acceptera-t-elle un 4e premier ministre issu du Minshuto depuis 2009. Les élections générales sont prévues pour Juin 2013 mais peut qu'elles auront lieu cette année. Cette situation de bloquage à la Kokkai, le parlement japonais ne peut plus durer. Il est déjà très difficile de voter le budget, alors des réformes pour assainir la fiscalité le sont encore plus.

Avec le retour d'Ozawa, une fronde au sein du Minshuto serait fort probable. Donc Noda a bien du soucis à se faire. Et cela va faire le jeu du Jiminto, le parti d'opposition de centre droit qui a profité de cette période dans l'opposition pour se reconstituer et se réformer.

Pourtant Ozawa Ichiro, qui veut tout faire pour devenir premier ministre est détesté par la majorité de la population japonaise.

Mais qui est au juste cet homme qui hante plusieurs politiciens japonais et dont même Washington se méfie ? Je vous propose un résumé et des reprises de wikipedia france pour retracer la carrière politique d'Ozawa, de sa naissance à son entrée en 2003 dans le Minshuto (Parti démocrate).


Ozawa Saeki, père de Ozawa Ichiro


Ozawa est né le 24 Juin 1942 à Tokyo. Fils d'Ozawa Saeki ancien représentant du 2e district électoral de la préfecture d'Iwate auprès de la Chambre basse qui a d'ailleur été l'un des plus fidèles lieutenants du premier ministre Shigeru Yoshida au sein du Jyuto (parti libéral) ainsi que plusieurs fois ministres des Transports (1948-1949), des Communications (1949) puis des Postes et Télécommunications (1949-1950) et de la Construction (1954).


Shigeru Yoshida est considéré comme le père du Japon d'après guerre


Il a fréquenté le collège public n°6 de Bunkyō puis le lycée public de Koishikawa, dans le même arrondissement. Il a obtenu le Bachelor's degree of Arts de la faculté d'économie de la Keio Daigaku en 1967. Il entre ensuite à l'école supérieure de droit de l'Université Nihon dans l'arrondissement de Chiyoda, mais le décès de son père et son entrée rapide en politique le fait interrompre ses études en 1969.
Il a donc eu un parcours éducatif classique de la classe politique japonaise.


Ozawa Ichiro et Tanaka Kakuei


Il est élu pour la première fois à seulement 27 ans la Chambre des représentants pour sa circonscription dans la prefecture d'Iwate (l'une des prefectures touchées par la catastrophe du 11 Mars 2011) en 1969.
Il est alors pris sous l'aile du célèbre Tanaka Kakuei, premier ministre du Japon entre 1972 et 1974 mais qui a dans les faits dirigé le Japon bien plus longtemps que ça (durant les années 70 et le début des années 80 avant l'arrivée au pouvoir de Nakasone Yasuhiro, ami de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher) en maitrisant le jeu des factions, les yakuza et en mettant des premiers ministres "marionettes" au pouvoir.


Tanaka Kakuei est l'un des leader politique du Japon qui a le plus marqué l'histoire de l'archipel depuis 1945


Ozawa a d'ailleur déclaré en 1993, à la mort de Tanaka Kakuei :
« Tanaka ne m'a pas seulement appris l'ABC de la politique à l'époque où je fut élu pour la première fois à la législature nationale, mais prit également soin de moi comme un réel père »

C'est d'ailleur grace à Tanaka Kakuei qu'Ozawa a rencontré son épouse Fukuda Kazuko fille du président directeur général d'une entreprise familliale de BTP, la Corporation Fukuda, plus importante compagnie du secteur dans la préfecture de Niigata, où Tanaka Kakuei était élu.

En 1974, Tanaka Kakuei a démissioné à cause du scandal Lockheed mais va parvenir à exercer une grande influence sur la classe politique japonaise.

Dans les années 80, Ozawa a gravit les échelons du JyuMinshuto (Parti libéral-démocrate) au pouvoir depuis 1955, date de sa création suite à la fusion du Jyuto (parti libéral de Shigeru Yoshida, grand père de Aso Taro, premier ministre japonais de 2008 à 2009) et du Minshuto (parti démocrate de Hatoyama Ichiro, grand père de Hatoyama Yukio, premier ministre japonais de 2009 à 2010).

Il a été à cette époque ministre de l'intérieur du deuxième gouvernement de Nakasone Yasuhiro et président de la comission nationale de sécurité publique (sécurité alimentaire, police...) de 1985 à 1986.


Nakasone Yasuhiro et Ronald Reagan étaient très proches. Nakasone est aussi considéré comme l'un des leaders politiques les plus marquants du Japon d'après guerre


C'est au cours de cette période qu'il a prouvé ses talents de politicien, de négociateur (en réussissant à faire accepter à l'opposition la réforme fiscale de Nakasone des coupes dans l'impôt sur le revenu, la suppression de l'exemption d'intérêts d'épargne, la diminution des charges sur les entreprises et la création d'une TVA à 3% passée sous le gouvernement de Obuchi Keizo de 1998 à 2000 à 5%, pourtant aujourd'hui il est opposé à une hausse de cette TVA). Il a également été un acteur clef dans les négociations commerciales avec les Etats-Unis à un moment ou ces derniers protestaient contre le Japon comme il le font aujourd'hui avec la Chine, pour les memes raisons d'ailleur (marché fermé, monnaie sous évaluée).

Il soutiendra Noboru Takeshita, le dernier premier ministre de l'ère Showa, dès 1987. Mais en raison d'une guerre de factions, il se retrouvera aux cotés de Kanemaru Shin, faiseur de roi de la fin des années 80 et du début des années 90.


Carricature de Kanemaru Shin, faiseur de rois en son temps, grand manipulateur et très proche des yakuza



C'est à cette époque que vont apparaitres les "Enfants d'Ozawa", puisque en fin stratège qu'il est, il a réussi, appuyé par Shin Kanemaru à convaincre le premier ministre Kaifu Toshiki à convoquer des élections législatives anticipées en 1990 qui ont permis de faire émerger de nouveaux politiciens, plus jeunes dont Okada Katsuya.

Cependant le JyuMinshuto sera de plus en plus entaché par des scandales à répétition.

Miyazawa Kiichi a souvent été mis en cause pour sa gestion catastrophique de la pire crise qu'ait connu le pays. On se souviendra que Bush père lui avait vomis dessus avant de s'évanouir au cours d'un diner d'état le 8 janvier 1992.





En 1993 il fera tomber le gouvernement de Miyazawa Kiichi en soutenant la motion de censure déposée par le parti socialiste contre la réforme électorale proposée par le gouvernement (comprenant notamment le passage à un scrutin uninominal majoritaire à un tour intégral, l'opposition et de nombreux membres de la majorité, dont Ozawa, préférant au contraire introduire une dose plus ou moins élevée de proportionnelle)
Le gouvernement sera alors obligé de dissoudre la Kokkai et donc convoquer des élections anticipées. Ozawa quittera alors la JyuMinshuto et formera le Shinseito, parti de la Renaissance, fort des 43 parlementaires de la faction qu'il avait crée au JyuMinshuto : Forum Reforme 21.

Le Shinseito deviendra alors la 3e force politique du pays en obtenant 10,1% des suffrages exprimés (55 sièges sur 511) derrière le JyuMinshuto qui a perdu sa majorité pour la première fois depuis sa création (36,62 %, 223 élus) et le Parti Socialiste (15,43 %, 70 députés).
Ozawa lui, fut réelu dans sa circonscription avec 40,8 % des suffrages exprimés face aux 5 autres candidats.
Ozawa va oeuvrer dans l'ombrer pour former une vaste coalition anti JyuMinshuto et anti parti communiste composée de 7 partis : le Parti Socialiste, le Shinseito, le Parti Démocrate-socialiste, la Fédération social -démocrate, le Komeito, le Nouveau Parti du Japon et le Nouveau Parti Pionnier qui aboutiera à la création d'un gouvernement de coalition dirigé par Hosokawa Morihiro, président du Nouveau Parti du Japon.


Qui se souvient encore de Hosokawa Morihiro... Au fait je vous rappelle juste un truc que vous avez du remarquer en lisant tout ça, il semblerait qu'il n'y ait pas eu de crise en 1990 pour ces politiciens...



Le Shinseito, formation d'Ozawa y obtiendra 5 ministères sur 20 dont les ministères clés des affaires étrangères, des finances et aussi du MITI.

Les experts voient en lui et en Ichikawa Yuichi les maitres d'oeuvre de la politique menée par cette vaste coalition. Ozawa fut alors comparé à un Tanaka Kakuei, accusé de reprendre les vieilles méthodes du JyuMinshuto (négociations en coulisses des décisions importantes). C'est à cette époque qu'il fut surnommé le Kage no Shogun ou Shogun de l'Ombre.

Cependant l'idéologie d'Ozawa (libéralisme économique de type Thatcherien et interventionnisme diplomatique, notamment en défendant la renaissance d'une armée japonaise à part entière) provoquera une division au sein de la coaliton, notamment avec les socialistes.
Ainsi lorsque Hosokawa Morihiro demissionnera, Ozawa voudra le remplacer par son allié Hata Tsutomu. Cette candidature fut soutenue par le Komeito, le Shinseito et le Nouveau Parti du Japon. Mais le Nouveau Parti Pionnier et le Parti socialiste s'y opposeront fermement considérant ce dernier une marionette d'Ozawa.

Hata Tsutomu : premier ministre pendant....quelques semaines



Finalement, Hata sera désigné premier ministre et le Parti Socialiste quittera la coalition (tout en maintenant un soutien provisoire au gouvernement jusqu'au vote longtemps retardé du budget pour l'année fiscale 1994). Hata forme donc un gouvernement minoritaire et lorsque le JyuMinshuto dépose une motion de censure, le Parti Socialiste et le NPP annoncèrent qu'ils la voteront. Hata décide donc de démissionner.

Une grande coalition va alors se former le 30 Juin 1994 regroupant le JyuMinshuto, le Parti Socialiste et le Nouveau Parti Pionnier portant à la tete du gouvernement la socialiste Murayama Tomiichi.


Bonjour, je suis le seul premier ministre socialiste qu'ait connu le Japon et je vous emmerde




Le Shinseito d'Ozawa passe donc dans l'opposition. Ozawa va alors oeuvrer pour unir les partis de l'ancienne coalition (Komeito, Nouveau Parti du Japon et Parti Démocrate Socialiste) les derniers dissidents libéraux démocrates en date qui, derrière l'ancien Premier ministre Toshiki Kaifu, ont rejeté l'alliance, qu'ils jugent « contre-nature », de leur parti avec les socialistes (tu m'étonnes que c'est contre nature)

De ce rassemblement va naitre le Shinshinto ou parti de la nouvelle frontière, le 10 Décembre 1994, fort de 178 députés et 36 conseillers (Chambre Haute). Kaifu est nommé président du parti et Ozawa devient le Secretaire Général. Lorsque Kaifu quittera la présidence, Ozawa sera alors élu président face à son ancien allié Hata Tsutomu par les militants et les membres du parti. Ozawa va ainsi sortir de l'ombre.

Cependant en 1996, au cours des élections générales, le Parti Socialiste sera balayé et se trouvera dans sa situation actuelle : un parti plus faible que le parti communiste du Japon qui a du mal à renaitre (il y a que Madame Fukushima Mizuho pour y croire encore...)

Le JyuMinshuto retrouvant sa majorité absolue forme un gouvernement portant à sa tete Hashimoto Ryutaro qui va alors oeuvrer pour sortir le Japon de la crise qu'il a connu en 1990, suite l'éclatement de la bulle spéculative.


COUCOU C'EST MOI HASHIMOTO RYUTARO...et je vais regler la crise...ou pas. Plus sérieusement, il a commencé à vraiment lutter contre la crise...6 ans après (c'est jamais trop tard).




Ozawa fait campagne sur les thèmes d'une baisse d'impôts généralisée (il promet ainsi une réduction de 50 % des impôts sur le revenu et locaux, l'abolition de celui sur la propriété et une diminution plus légère de l'impôt sur les bénéfices des entreprises, tout en s'engageant à ne pas augmenter la taxe nationale sur la consommation contrairement à ce qui est prévu par la majorité en place pour avril 1997) et de profondes coupes budgétaires par le biais de réformes structurelles. Ce programme est critiqué par le plus important quotidien économique du pays, le Nihon Keizai Shinbun, comme étant, selon lui, « irréaliste », mais permet à l'opposition de focaliser le débat sur le très impopulaire projet gouvernemental de hausse de la taxe sur la consommation.


D'un autre côté, il doit faire face à l'apparition d'un autre mouvement d'opposition libéral, le Minshuto (parti démocrate) tout juste fondé par environ la moitié des parlementaires socialistes, de nombreux dissidents du NPP menés par deux personnalités populaires (Kan Naoto et Hatoyama Yukio), et un député ayant quitté le Shinshinto (Hatoyama Kunio).

Le Shinshinto cependant confirmera sa position de deuxième parti du Japon derrière le JyuMinshuto et de première force d'opposition avec 156 députés sur 500
Ozawa adopte ensuite une stratégie d'opposition forte, rompant avec la tradition japonaise des négociations entre partis présents à la Diète pour arriver à un compromis et adoptant un style politique plus proche de ceux des pays occidentaux.

Il engage notamment un véritable bras de fer avec la majorité pendant la première moitié de 1996 au sujet du budget de l'année. Et lorsque le gouvernement annonce le 5 mars un plan de prise en charge par l'État, à hauteur de 6,8 milliards de dollars issus de l'argent du contribuable, des « mauvais prêts » accordés par plusieurs compagnies d'emprunts immobiliers (appelées jusen) et de la moitié des dettes « secondaires » engendrées par eux, il mène une importante fronde parlementaire contre ce projet.
Les députés du Shinshinto boycottent les séances de la commission du Budget et empêchent leurs confrères d'accéder à sa salle de réunion, tandis qu'Ozawa Ichiro multiplie les interventions dans les médias et organise une marche de protestation à travers le centre de Tokyo. Un
budget de 750 milliards de yens est finalement voté le 10 mai, soit plus d'un mois après le commencement de l'année fiscale, et, la veille de la clôture de la session parlementaire le 18 juin, la Chambre des conseillers valide six lois de liquidation de jusen.

Cependant, le 27 Décembre 1997, la dissolution du Shinshinto sera décidée en raison des conflits internes grandissants, des oppositions de certains députés à Ozawa et à la tentative de reformation du Komeito.

Ozawa va alors créer le Jyuto (parti libéral) qui réunit tous ses partisans le 6 Janvier 1998. Ce dernier ne comportera cependant que 54 parlementaires (42 députés et 12 conseillers) sur les 173 que comportait le Shinshinto

Le Minshuto deviendra alors le premier parti d'opposition et le Komeito renaitre de ses cendres avec la formation du Nouveau Komeito.

Le 12 Juillet 1998, les élections à la Chambre Haute provoquent une division à la Kokkai : le JyuMinshuto n'a plus la majorité absolue à la Chambre Haute suite à la démission de Hashimoto Ryutaro. On se retouvera alors dans une situation ou la Chambre Haute proposera comme premier ministre Kan Naoto, président du Minshuto et la Chambre Basse Obuchi Keizo, présidentu du JyuMinshuto. En fait Kan Naoto a été soutenu par une vaste coalition regroupant l'ensemble de l'opposition (y compris pour la premiere fois des communistes). Ce sera cependant la Chambre Basse qui aura le dernier mot et Obuchi Keizo sera nommé premier ministre.

Ozawa et son parti, le Jyuto font donc parti de cette coalition. Mais la présence des communistes dans cette coalition hétéroclite et le plan de réforme du système bancaire très à gauche imposé au gouvernement par Kan Naoto (nationalisation de la Banque de crédit de longue durée du Japon qui était en difficulté, renforcement de la législation sur le contrôle du secteur) irritent Ozawa, fervent partisan du libéralisme économique.



Obuchi Keizo a continué à réformer le pays et ouvert la voie à la période Koizumi. Il est aussi celui qui a permis au Japon d'avoir une hymne nationale officielle et un drapeau national officiel. Cependant il va mourrir d'une crise cardiaque en 2000




Il va alors quitter cette coalition et s'allier au JyuMinshuto. Son second Noda Takeshi entrera au gouvernement (ministre de l'intérieur et président de la Commission nationale de sécurité publique) et le gouvernement de Obuchi Keizo engagera plusieurs réformes cheres à Ozawa comme la « Réforme de l'Administration centrale » (qui diminue le nombre de ministères en les fusionnant ou en les remaniant en profondeur et qui renforce le poids du Premier ministre en lui définissant une sorte de « domaine réservé » concernant les « principes fondamentaux » en politique étrangère, de sécurité nationale, de gestion administrative, financière et économique générale, de planification budgétaire et d'organisation des organes et personnels administratifs, ou en augmentant le nombre de ses collaborateurs, tandis que le poids de la bureaucratie est légèrement diminué en supprimant la charge de « vice-ministre administratif » qui secondait jusque là le ministre avec un « vice-ministre parlementaire », et création au contraire d'un « secrétaire parlementaire » situé juste en dessous d'un « vice-ministre », tous deux des membres de la Kokkai) , la « Décentralisation régionale » (qui met fin au système des fonctions déléguées par les agences gouvernementales, dit ADF pour Agency-delegated function, par lequel l'essentiel des missions des collectivités locales revenaient à des délégations de pouvoir du gouvernement central et donc à seulement appliquer les politiques décidées par ce dernier, la réforme donne également de nouvelles compétences aux préfectures et communes) et la réforme de la Constitution (avec l'instauration, le 29 juillet 1999, de commissions de recherche sur le sujet dans les deux chambres de la Kokkai).

En 2000 et en raison des élections législatives, Ozawa se sépare du JyuMinshuto et le Jyuto ne possèdera plus que 22 élus, une partie ayant décidé de former le Parti Conservateur, allié du JyuMinshuto et une autre ayant décidé d'intégrer le JyuMinshuto.
Le Jyuto d'Ozawa se rapprochera alors de plus en plus du Minshuto (parti démocrate) devenu sous la présidence de Kan Naoto et de Hatoyama Yukio un parti de centre gauche. En 2003, le Jyuto va fusionner avec le Minshuto pour tenter de briser le monopole politique du JyuMinshuto, fort de l'arrivée au pouvoir de Koizumi Jun'Ichiro en 2001, très populaire auprès de la population.

Ozawa deviendra alors président délégué du parti et au cours des élections anticipées de 2003, le Minshuto réduit plus que jamais son écart sur le JyuMinshuto : il obtient ainsi 177 sièges, soit 50 de plus que la précédente législature.

Au sein du Minshuto, certains anciens du Jyuto forment avec des démocrates plus anciens et de nouveaux élus à partir de 2003 une faction appelée Isshin-kai (Comité du renouveau), qui soutient Ozawa. C'est devenue l'une des principales tendances au sein du Minshuto avec celle de Hatoyama Yukio et se positionne plus à droite que cette dernière qui est plutôt modérée et centriste.
Mais le Ozawa gurupo (groupe Ozawa), plus large que le simple Isshin-kai, comprend également l'essentiel des parlementaires issus du Jyuto mais n'appartenant pas à cette faction (comme Ozawa lui-même), ainsi que de jeunes élus issus de l'« École politique Ozawa Ichiro » fondée par ce dernier en 2001 pour former les "dirigeants de demain".

Ozawa est alors soutenu par la base la plus importante au sein du Minshuto et reussira à mener le Minshuto à la victoire en 2009. Il est ainsi un des pionniers du bipartisme japonais, de la fin des "vieilles méthodes" de la politique japonaise et donc d'une plus grande importance du premier ministre au détriment de la bureaucratie et des factions, de la décentralisation progressive des pouvoirs (vers un état fédéral) et a ouvert la voie vers une reforme de la Constitution.

Mais quels sont concretement ses positionnements ?

Fervent défenseur du libéralisme économique il soutient les réformes menées par Margaret Thatcher au Royaume Uni. Il est également pour que le Japon devienne une vraie puissance politique et militaire et se dote de la bombe atomique.
Concernant la réforme de la Constitution tout en ne remettant pas en cause ses principes fondamentaux (pacifisme, respect des droits de l'Homme, souveraineté du peuple et coopération internationale), il appelle à la reconnaissance des Forces d'autodéfense comme une armée à part entière ayant le droit de combattre dans le cadre exclusif toutefois de la Force de maintien de la paix de l'ONU. Il veut aussi limiter le pouvoir législatif essentiellement à une seule chambre élue, la Chambre des représentants, tandis que la Chambre des conseillers deviendrait une sorte de « Chambre des Lords sans pouvoir » sur le modèle britannique dont les membres seraient nommés à vie par l'empereur du Japon après avoir été désignés par les Représentants pour s'être distingués au service de l'État ou du peuple, sans que cette fonction soit héréditaire.
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MessagePosté le: 27 Avr 2012 09:54    Sujet du message: Ichiro Ozawa jugé non coupable

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Ichiro Ozawa jugé non coupable


L'un des hommes politiques les plus puissants du Japon, Ichiro Ozawa, vient d'être blanchi dans une histoire de financement illicite. Il était accusé d'avoir dissimulé au fisc quelque 400 millions de yens. L'an dernier, trois de ses assistants avaient été condamnés dans cette affaire. Surnommé le "Shogun de l'ombre", Ozawa occupe depuis plus de vingt ans une place de choix sur la scène politique japonaise : il dirige la plus grande faction du Parti démocrate (au pouvoir depuis 2009), qu'il a dirigé, et dont il envisage de ravir la présidence à l'actuel Premier ministre, Yoshihiko Noda. "Ce verdict influera certainement sur la gouvernance du parti. Le Premier ministre pourrait s'en trouver fragilisé, tout comme son projet de relever la TVA de 5% à 10% d'ici 2015 - le groupe d'Ozawa y est fermement opposé", relate l'Asahi Shimbun.

Source : Courrier International

Quelle sanction ont eu les trois personnes arrêtées l'année dernière ?
S'il n'est pas coupable, la justice japonaise à - t - elle d'autres pistes ?
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Max
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MessagePosté le: 27 Avr 2012 09:56    Sujet du message:

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So-Chan en a déjà parlé
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Kachoudas
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MessagePosté le: 29 Avr 2012 06:31    Sujet du message:

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Merci pour ces longues explications !
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